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Duru Barbak : "Le changement climatique doit être enseigné à l'école"


Lepetitjournal.com Istanbul a rencontré Duru Barbak, 17 ans, étudiante au Lycée français Saint-Joseph d’Istanbul, et jeune militante pour le climat avec Fridays For Future. C'est à l'occasion du 5ème anniversaire de l'Accord de Paris sur le climat que nous avons voulu l'interviewer, afin d’en connaître plus sur son parcours étonnant, et les actions qu’elle mène pour une planète plus verte !

Bonjour Duru, merci d’accepter de répondre à nos questions. Fervente militante pour le climat à seulement 17 ans… depuis quand avez-vous cette conscience écologique ? Quel a été l’élément déclencheur ?

Je crois que j’ai cette conscience écologique depuis toute petite. Dès l’enfance, je lisais plein de livres sur les animaux et la nature, et je regardais les documentaires de Nat Geo Wild tout le temps. J’étais passionnée par l’environnement et c’était aussi la raison pour laquelle je voulais préserver le monde naturel à tout prix. Car ce monde n’appartient pas seulement à nous, il y a d’autres "habitants" sur notre planète, bien différents de nous. Alors, quand j’ai grandi, j’ai commencé à faire des recherches sur Internet. Puis, j’ai pris conscience que notre planète était menacée par la crise climatique, causée par les activités humaines. De plus, quand j’ai appris que 68% des animaux sauvages avaient disparu en moins de 50 ans, j’étais vraiment bouleversée. J’ai alors décidé que je ne voulais pas voir la planète se détruire à cause des humains. C'est donc à partir de là que j'ai commencé à agir, tout d’abord en sensibilisant les gens proches de moi.

Avez-vous été inspirée par Greta Thunberg ?

Oui bien sûr elle m’a beaucoup inspirée, mais ma passion pour la conservation de la nature n’a pas commencé quand je l’ai connue. Elle m’a inspirée pour l’organisation de grèves climatiques en Turquie. En fait, avant ce mouvement, je ne pensais même pas que c'était possible, que les gens de mon âge pouvaient faire des grèves, surtout dans un pays comme la Turquie !

De plus, je pense qu’on a un avantage à faire des grèves en tant qu'enfants ou adolescents, car les municipalités nous donnent l’autorisation plus facilement. Et grâce à Greta, on sait que nous avons le droit de manifester contre l’inaction des politiciens contre le réchauffement climatique, parce que c’est notre futur qui est en jeu. Si on ne fait rien et qu’on n’agit pas maintenant, c’est nous qui en subirons les conséquences.

Quelles actions entreprenez-vous avec les organisations auxquelles vous participez ?

On organise des grèves pour le climat avec Fridays for Future Turquie. On est dans plusieurs villes et on se tient toujours au courant de nos actions, on fait des réunions régulièrement. On organise des grandes grèves pour le climat lors des journées mondiales. On communique également avec les Fridays For Future des autres pays.

Avec ces grandes grèves pour le climat regroupant des milliers de personnes venant de chaque coin du monde, on essaye de faire pression morale sur les politiciens et les présidents des grandes entreprises, afin qu’ils prennent des mesures nécessaires pour le climat. Chaque jour, de plus en plus de personnes rejoignent notre cause et on devient plus forts ensemble ! Tout le monde est le bienvenu (tout le monde est nécessaire) dans la lutte contre le changement climatique.



En plus de ces actions, je tiens un blog sur Instagram avec ma meilleure amie. On a nommé ce blog "1.5 derece" qui veut dire 1.5 degré, pour attirer l’attention sur l’urgence de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré jusqu’en 2030, afin que notre planète reste habitable. Je crois que la sensibilisation est une des étapes les plus importantes pour ce combat car il faut montrer aux gens l'urgence du problème, et leur faire réaliser qu'il faut réagir immédiatement et demander les changements nécessaires.

Quelle est la situation climatique actuelle en Turquie ?

On a déjà commencé à voir les effets de la crise climatique dans nos vies ; on voit très souvent des informations passer sur de nouvelles inondations et des feux de forêts par exemple. En plus, les températures sont plus élevées que d'habitude ; il ne neige plus, on vit la sécheresse et la déforestation dans de nombreuses régions. En plus, notre gouvernement importe des déchets plastiques des pays européens… Ces plastiques importés sont souvent jetés dans la nature ou brûlés. Cela nuit beaucoup à l'environnement, et bien évidemment à la vie des gens et des animaux dans les régions où ces plastiques sont jetés*. La Turquie doit interdire l'importation de déchets plastiques de toute urgence, car elle-même ne peut pas gérer ses propres déchets plastiques. Donc, c’est inacceptable de continuer d'importer des déchets plastiques qui ne font que polluer la terre, l’air et l’eau de notre pays.

Puis, l’accord de Paris, qui est nécessaire pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, n’a pas encore été ratifié par le parlement turc. En tant que jeunes, on attend que la Turquie le ratifie, afin de commencer à réellement faire un pas pour lutter contre cette crise écologique.

À l’école, trouvez-vous qu’on vous parle assez de la situation climatique ?

Non, en fait pas du tout. Il y a juste quelques occasions comme "la semaine des sciences" de notre école, où on peut parler sérieusement de la crise climatique avec des présentations sur le réchauffement climatique. A part ça, on ne parle jamais de cette crise qui menace la vie sur terre. Cela m’étonne beaucoup. Je parle de cette crise en classe dès que c’est possible mais bien sûr ce n'est pas assez. Le changement climatique doit être enseigné dans les écoles, car on a le droit de savoir scientifiquement que cette crise menace terriblement notre futur.

Vers quels types d'études pensez-vous vous diriger après le lycée ?

Je veux faire des études environnementales ou sciences environnementales. J’aime les sciences sociales aussi mais je pense que je vais me diriger vers un domaine environnemental car je trouve que la crise climatique est le plus grand problème de notre époque et que l’on doit agir très rapidement pour sauver notre planète.

Comment voyez-vous votre avenir dans trente ans ?

Dans trente ans, en 2050, j’aurai 47 ans. Et si le monde continue d’être comme ça et si on n’arrive pas à limiter le réchauffement climatique à 1.5 degré, il y aura des catastrophes naturelles et la sécheresse presque partout dans le monde. Puis, après quelques années, notre planète arrivera à un point de non-retour. Je ne veux pas vivre ce type de scénario, je veux être optimiste et agir !

Je voudrais travailler contre la crise climatique dans les domaines de l'énergie afin de mettre fin aux combustibles fossiles ou bien, pour une initiative qui utilise la technologie afin de protéger la planète.

À l’approche de Noël, comment opter pour des cadeaux écoresponsables ?

Vous pouvez choisir des cadeaux utiles et durables. Peut-être que vous pouvez aussi essayer le DIY (Do it yourself) ou acheter des livres d’occasion dans un magasin de livres anciens. Vous pouvez également offrir une activité ou une expérience comme des places de concerts, théâtres ou un abonnement à un magazine ou un service Internet, comme Netflix.

Si vous aviez 3 conseils faciles au quotidien à donner pour une planète plus verte, lesquels seraient-ils ?

1. Réduire sa consommation de viande,

2. Ne pas acheter de choses dont on n’a pas besoin,

3. Préférer les transports en commun, la bicyclette ou la marche, au lieu de prendre la voiture, si c’est possible bien sûr…

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